Armée
05 févr. 2008 Le 25 novembre 2002 je signais mon contrat d'engagement dans l'armée, à Rochefort, je ne connaissais personne, j'avais peur qu'on fasse énormément de sport, qu'on nous pousse au delà de mes limites, et que je ne tienne pas le coup. Ca a été le cas, sauf que j'ai tenu le coup, quelle ambiance, quel soutien, quelle suprise de se retrouver à dormir dans des chambre à 6, que y'avait des cloisons pour les douches mais juste sur les côtés!! J'avais commencé à tenir un journal de bord mais très rapidement je n'avais plus le temps de le tenir...
A la fois ce fût très long car entre les cours, les séances de sports, les séances de tir, les sorties combats (en plein hiver dans le froid et parfois la pluie... pas très pratique pour faire un feu et manger nos rations!!) mais à la fois très court car ce que l'on vivait était intense. On se soutenait mutuellement, le monde extérieur n'existait plus. Ce qui a été une cause de rupture d'ailleurs, car de l'extérieur difficile à comprendre que j'étais injoignable, difficile à comprendre que même une fois rentrée à ma chambre je n'avais pas le temps de rester discuter au téléphone car on devait astiquer la chambre pour la revue, mais aussi réviser et surtout se reposer, car souvent on était réveillé au milieu de la nuit à cause d'une sortie commando effectuée dans la nouvelle compagnie qui venait d'arriver pour souhaiter la bienvenue!
On a eu des expériences très sympas, par exemple un petit voyage en ULM, je suis même passée aux commandes, c'est dingue les sensations voir le sol si loin et se sentir si léger
D'ailleur vous remarquerez dans la photo en bas à droite que mon instructeur n'a pas le même "bariolage" que moi! et oui c'est normal notre chef de brigade était allemand!
Les moments les plus mémorables seront les sorties combat, à jouer à cache-cache, à se déplacer en lisant une carte dans la nature, à tirer à blanc, à avancer en binômes
J'avais bien choisi mon binôme : un ancien caporal-chef qui avait passé la passerelle! Heureusement on avait les ponchos pour manger sur les feuilles mortes mouillées! et au centre mon chéri (ça fait bizarre de le voir sans son bouc!) avec notre chef de brigade, et oui c'est comme ça qu'on s'est rencontré, il faisait partie de ma brigade, il en était même l'élève de brigade (un peu comme un chef de classe), mmm quand je repense à quand il hurlait pour rassembler la brigade, j'en ai des frissons!
C'est fou ce qu'on a joué aux guerriers, on a même passé une semaine au camp de Souges, et on était réveillés le matin au son de la trompette (et oui dans notre compagnie on avait une gonzesse qui jouait de la trompette, quelle chance!!). On y a fait du CAC (corps à corps), on a rampé, on dormait sous de grandes tentes sur des lits picots et sac de couchage, et le soir il fallait astiquer, j'ai d'ailleurs fini à l'infirmerie lors de mon nettoyage des douches (ah les douches une armature en ferraille et des baches en guise de cloison, épaisses quand même les baches!) en fait on devait toujours avoir la tête couverte donc on portait la casquette, et je voulais vérifié si la douche que je m'apprétais à faire était faite ou non, et avec ma visière je n'ai pas vu la barre qui a rencontré violement mon crâne, et j'ai vu des étoiles!! ça m'a valu 2 jours en observation à l'infirmerie (qui accessoirement était aussi une tente!!). Que d'aventures!
Ah les bouffes une bonne occasion de se réunir, entre les bouffes en chambre quand on était bloqués certains w-e (d'ailleurs ça a été une fois ma punition car je trainais un soir à l'entrée d'une chambre de garçon et le lieutenant (je ne sais plus chef de quoi il était, surement de la division formation!) qui faisait une petite revue m'a grillée!! Un w-e bloqué c'est pas si cher payé pour avoir trainé du côté de la chambre du futur papa de mon bébé! et oui je trouvais le temps de draguer un petit peu une fois le rythme pris!
Ya des soirs où on rentrait tard de sorties combat, donc on nous filait une ration de combat qu'on mangeait dans la salle de bain, car c'était plus pratique pour faire chauffer le plat principal, et oui c'est quand même un repas complet une ration de combat : des biscuits salés, des biscuits sucré, du paté ou des rillettes, un plats chaud (lasagnes, blanquette, couscous, poulet basquaise...), une crème dessert, une barre céréalière, du chocolat, du nougat ou des caramels, du sucre et du déshydraté : café, lait, chocolat en poudre, soupe. On n'allait pas mourrir de fin.
Certains ont perdu du poids pendant leurs classes d'autres en ont pris, moi j'ai surtout eu une superbe silhouette avec tout le sport qu'on faisait, j'ai même su grimper à la corde!!
Et la formation militaire s'est terminée par la PAD (présentation au drapeau). ça a été la plus dure journée car il faisait terriblement froid, heureusement que les photos sont prises d'assez loin car on ne voit pas le teint bizarre à cause du froid et c'était long!!
Mais c'était aussi une fierté de revêtir l'uniforme bleu car durant toutes nos classes on étaient en vert! Quelle tristesse a-ton ressenti en se rendant compte que c'était fini, que chacun allait rejoindre une autre base pour apprendre sa spécialité.
D'ailleurs Samuel viens de trouver un cahier dont je me suis servie pour écrire tous les textos qu'on s'est échangé car mon portable n'avait pas beaucoup de mémoire! ça va m'en faire de la lecture encore!! Mais bon il a pas trouvé ce qu'il cherchait!!
Je regrette de ne pas avoir de photos du parcours d'obstacles car il était impressionnant, et à la fois super sympa à faire et bien sûr terriblement crevant!!
Félicitations d'avoir eu le courage de lire jusqu'au bout, et merci! N'hésitez pas à laisser des commentaires